Jumelage Béjaïa-Créteil

Un partenariat sous forme de contrat d’amitié
vendredi 12 janvier 2007.
Le temps des jumelages réalisés dans le secret des alcôves ou en grande pompe autour d’un cérémonial où l’apparat le dispute aux salamalecs les plus saugrenus, semble avec l’expérience originale que Béjaïa et Créteil veulent asseoir, désuet et d’un autre âge.

 
Béjaïa, ville trois fois millénaire, métropole régionale de 300 000 âmes où tout reste encore à faire et Créteil, 81 000 habitants, banlieue francilienne, accueillant ce qui ne gâche rien, une forte communauté bougiote pensent kif-kif et regardent dans la même direction, imposer une forme nouvelle de jumelage plus perçu comme partenariat que système à configuration bancale, où l’un donne et l’autre reçoit. Une forme de mendicité à peine déguisée qui continue à avoir encore de beaux jours devant elle. La pyramide, du coup, s’en est trouvé inversée en ce sens que c’est la base qui porte les échanges jusqu’à pouvoir les imposer aux traditionnels décideurs, bien obligés d’entériner. Un peu à la manière du centralisme démocratique soft et porteur de progrès et d’échanges multiformes. ll s’agit donc d’insuffler une dynamique novatrice à des échanges, dans le cadre d’un contrat d’amitié car il s’agit d’aller à petit pas, par paliers successifs...

A l’origine, la volonté d’un homme, Laurent Cathala, député-maire de Créteil, de jumeler sa ville à une cité maghrébine. C’est dire que le choix de Béjaïa ne s’est pas imposé d’emblée. Il résulte de la volonté d’un groupe d’hommes et de femmes, Français d’origine algérienne et béjaouis de naissance, qui après une visite à la ville-lumière a eu le coup de foudre pour notre cité. L’opération de lobbying est venue tout naturellement se greffer autour des contacts pris avec les associations locales, les universitaires, les industriels, les jeunes et les moins jeunes, bref, un panel représentatif de Béjaïa. Résultats immédiats de cette entame, plutôt réussie, la création de deux collectifs, Créteil-Béjaïa là-bas et Béjaïa-Créteil. But assigné à ces organismes : mener à bien un partenariat exemplaire, basé sur la réciprocité des échanges et des concepts de 3e type ! “Il s’agit, dira Hachemaoui Abdelkrim, Français, directeur du centre socio-culturel Petit Pré et Sablière à Créteil, de tenir un langage novateur, porteur de valeurs sûres, en rupture totale avec une certaine idée de la France, pays de Cocagne. L’Algérie, le pays de nos parents, qui mobilise une partie énorme de notre affect est immensément riche. Et l’avenir de la jeunesse ne peut être qu’ici.

Dans tous les cas de figures, il ne pourra se construire ailleurs !” Côté béjaoui, ce n’est guère un hasard si l’association Rachda est à l’avant-garde de ce projet. Mme Dalila Aoudj, la très entreprenante présidente locale, avec l’appui d’autres acteurs aussi actifs, a réalisé un travail de fourmi, visant à promouvoir le partenariat en offrant l’image la plus séduisante, mais aussi la plus réaliste de la région. Le bénéfice d’une telle entreprise sera d’un bénéfice mutuel pour les deux villes ou ne sera pas, dira celle qui a été de tous les combats, de toutes les luttes. “Je crois profondément, ajoutera-t-elle, en la bonne foi des peuples, en leur capacité à transcender l’histoire et ses dérives et à se démarquer des clichés et des prismes déformants”.

“Tout ce qui sort de l’imagination de l’homme est réalisable”, a dit un jour un grand et sage dirigeant africain. Thomas Sankara, le rebelle, n’a pas cru si bien dire. Le jumelage Béjaïa-Créteil participe un peu de cette logique en ce qu’il tranche avec us et coutumes, politiquement correct et diplomatiquement convenable...

d’apres la Depeche de kabylie karim93 pour sitalgerie


   
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